jeudi 2 juillet 2020

Situation économique et sociale de la RDC

A. Bref résumé des grandes évolutions de l’économie congolaise depuis 1960 jusqu’en 2019

 

Les grandes évolutions de l’économie congolaise peuvent être circonscrites globalement en quatre périodes, à savoir :
•    1959 à 1973 : Croissance et inflation modérée ;
•    1974-1988 : Ralentissement de la croissance et inflation ouverte ;
•    1989-mai 1997 : Déclin de la croissance, Destruction des richesses et hyperinflation ;

A. Bref résumé des grandes évolutions de l’économie congolaise depuis 1960 jusqu’en 2019

 

Les grandes évolutions de l’économie congolaise peuvent être circonscrites globalement en quatre périodes, à savoir :
•    1959 à 1973 : Croissance et inflation modérée ;
•    1974-1988 : Ralentissement de la croissance et inflation ouverte ;
•    1989-mai 1997 : Déclin de la croissance, Destruction des richesses et hyperinflation ;

  • Après  mai 1997-2001 : déflation et hyperinflation
    •    2002-2019 : Reprise de la croissance et d’inflation sous contrôle.

    1. Croissance et inflation modérée
     

Les efforts de redressement économique entrepris entre fin 1967 et fin 1973 ont permis de rehausser la croissance économique. Ils ont coïncidé avec un environnement international favorable porté par la hausse du cours du Cuivre. Ces deux éléments ont déterminé les résultats positifs enregistrés au cours de cette période caractérisée par une croissance du PIB réel de 2,7% et une hausse du niveau général des prix de 27% en moyenne annuelle.

 

2. Ralentissement de la croissance et inflation ouverte

 

Cette période, marquée par une croissance de 0,03% et une inflation de 57,6% en moyenne annuelle, comprend deux phases :

 

La phase de 1974 à 1982 est caractérisée par des mauvais choix en matière de politique économique ayant abouti au surendettement du pays dans le cadre de financement des grands travaux (INGA I et II, CCIZ, Sidérurgie de MALUKU…) sous le sceau de la corruption et de rétro-commissions.

 

Dans un contexte international caractérisé par deux chocs pétroliers (quintuplement et quadruplement du prix du baril respectivement en 1973 et 1976) et la chute du cours du Cuivre en 1975 ( après l’échec de la stratégie mise en œuvre par le CIPEC, Conseil Intergouvernemental des Pays Producteurs et Exportateurs du Cuivre), les mesures ratées de Zaïrianisation ou nationalisation, de Radicalisation ou Étatisation et enfin de Rétrocession, la gestion peu orthodoxe des Finances Publiques, le caractère accommodant de la politique monétaire et les coûts liés à l’ajustement tardif de la politique de change (passage avec beaucoup des retards de la fixité du régime des changes au flottement) ont eu comme conséquences, l’arrêt du processus de création des richesses intérieures.

 

La phase de 1983 à 1989 est celle des efforts d’ajustement de l’économie grâce aux mesures d’assainissement de la politique budgétaire et des réformes entreprises au niveau de la politique monétaire (libéralisation des taux d’intérêt), de la politique de change (adoption du régime des changes flottants et assouplissement de la réglementation de change). Toutefois, ces politiques de gestion de la demande n’ont pas été relayées par des politiques de portée structurelle et des initiatives de développement.

 

3. Déclin de la croissance, destruction des richesses, hyperinflation et paupérisation généralisée de la population

 

La période de 1989 à 2001 est celle du déclin de l’économie et de la société congolaise. La longue transition politique marque non seulement le couronnement de l’instabilité institutionnelle (plus de 12 gouvernements en l’espace de 10 ans) mais surtout de malaises sociaux (événements de LUBUMBASHI en 1990, conflits interethniques en 1991 et 1992, grèves, contestations populaires, villes mortes…) et économiques (hyperinflation, pillages de l’outil de production et de commercialisation des entreprises en 1991 et 1993, rupture de la coopération bilatérale et multilatérale..).

Le désordre des Finances Publiques est attesté par des déficits insoutenables du trésor financés presque exclusivement par les avances directes de la Banque Centrale avec comme conséquence la dépréciation rapide du taux de change et la hausse vertigineuse des prix intérieurs, respectivement 98% et 9800% en 1994. Les conflits armés, après l’éc5hec de la Conférence Nationale, ont eu des impacts graves tant sur la situation sociale qu’économique. Au cours de cette période, le PIB Réel a reculé de 4,5% en moyenne. La hausse du niveau général des prix a été de près de 2.000 % en moyenne. L’incidence de la pauvreté est établie en moyenne à 80% et le taux de chômage à 84%.

 

4. Déflation et hyperinflation

 

En mai 1997, l’Alliance des Forces Démocratiques de Libération, dirigée par le Président Laurent Désiré Kabila, prendra le pouvoir et évinça le régime du Maréchal Mobutu. Le nouveau régime en place entama un programme de reconstruction nationale et tenta d’assainir la situation économico-financière du pays, alors que le pays devait au Club de Paris 7 milliards d’euros.  Le Gouvernement mis en place commença par opérer certaines réformes sur le plan économico-financier notamment, la réforme monétaire qui institua le franc Congolais. L’économie était caractérisée par la déflation pendant cette période.

 

En août 1998, l’économie congolaise connaîtra encore une chute drastique caractérisée par l’hyperinflation qui se poursuivra jusqu’au milieu des années 2000 et ce, à la suite de l’éclatement de la guerre imposée à la R.D. Congo par ses voisins. Le Gouvernement procédait de manière de manière récurrente aux avances de la banque centrale pour financer la guerre, et cette pratique avait entamé de manière considérable la perte de la valeur de la monnaie nationale par rapport au dollar américain. Au niveau de marché de change, le Gouvernement appliquait le taux de change fixe et dans le marché parallèle c’était le taux de change flottant.

 

Durant toute cette période, la problématique de l’assainissement des finances publiques était caractérisée par un échec, et la relation avec les partenaires traditionnelles dont la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International était conflictuelle.

 

5. Reprise de la croissance et inflation sous contrôle (2002 à 2019)

 

Cette période était caractérisée par  la reprise de la coopération multilatérale et bilatérale,  l’application des politiques économiques conjoncturelles restrictives et des réformes structurelles de première génération (partenariat dans le secteur minier, guichet unique au Port de MATADI, mise en place de la chaîne la dépense,  etc.

Comme conséquence : la maîtrise de l’hyperinflation ( (hausse du niveau général des prix de 17% en moyenne annuelle, la relance de  la croissance économique, la réduction de chômage (passant de 84% à 40 % en moyenne) et la pauvreté de 80% à 63%.

 

A l’amorce de la période de 2002 à fin décembre 2019, et toutes choses restant égales par ailleurs, la situation économique de la R.D.C est caractérisée par l’orthodoxie de la politique économique et des performances imputables aux effets des réformes engagées qui ont permis d’importants investissements dans les secteurs minier  et autres qui porte la croissance. Cette période constitue un tournant décisif pour l’économie congolaise, avec l’amélioration des taux de croissance économique, atteignant un pic de 9,5% en 2014, associée à une baisse sensible des volatilités des prix intérieurs et une relative amélioration de l’environnement des affaires. Ladite croissance s’est ralentie à près de 2,5% du PIB en 2016, suite à la baisse sensible des cours des matières premières occasionnant ainsi la réduction des revenus des entreprises minières. Entre 2017 et 2019, ce taux de croissance est passé respectivement à 3,7% ; 5,8% et 4,6% occasionné par l’augmentation sur le marché international des cours de certaines matières dont le cobalt.

 

Pendant la même période, l’inflation a été maintenue suite à une politique monétaire voire budgétaire orthodoxe. En effet en l’absence des chocs    extérieurs importants, le cadre macroéconomique est demeuré stable. L’évolution du taux d’inflation se présente comme suit : 15,8% ; 4,4% 21,3% ;18,2% ;27,6% ;53,4% ;9,8% ;2,7% ;1,1% ;0,5% ;0,8% ;26% ;53% ;7,2% et 4,4%

 

Le marché de change était également caractérisé par une stabilité structurelle.

 

Il sied de souligner qu’à la suite de l’avènement de la crise sanitaire mondiale causée par la pandémie de Covid-19, l’économie congolaise est affectée à l’instar d’autres pays de la planète et des mesures conjoncturelles sont en train d’être prises progressivement pour juguler les méfaits de ladite crise et permettre aux entreprises de se maintenir. 

 

B. Quelques illustrations de l’économie congolaise par graphiques et tableaux


1. Secteur réel

 

Graphique n°1 : Evolution du taux de croissance du PIB de 2009 - 2019

 


Source :ANAPI à partir des données de la Banque Centrale du Congo

 

Graphique n°2 : Projection du Taux de croissance  du PIB (2019 – 2024)

Source :  élaboré à partir des données de la Direction des Etudes Macro-économiques/Ministère du Plan

 

Graphique n°3 : Evolution du taux d’inflation de 2002 à 2019

 

 

 

Source : Banque Centrale du Congo

 

Graphique n°4 : Projection de l’évolution du taux d’inflation (2019-2024)

Source : élaboré à partir des données de la Direction des Etudes Macro-économiques/Ministère du Plan

 

Graphique n°5 : Evolution du taux de change de 2003 à 2019

 

 
 

 

 

   Source : Banque Centrale du Congo

 

S’agissant du crédit à l’économie, celui-ci a une tendance haussière  depuis 2010 jusqu’à 2019 et ce, suite bon comportement observé  dans le marché monétaire congolais. L’évolution de ce crédit se présente comme suit :

 

Graphique n°6 : Evolution du crédit à l’économie

Source : BCC

Graphique n°7  Evolution du taux d’intérêt débiteurs

Source : BCC

  • Taux d’intérêt débiteurs élevés tant en monnaie nationale qu’en monnaie étrangère ;
  • Toutefois, on note une baisse tendancielle des taux d’intérêt quelle que soit la monnaie ;
  • Niveau relativement élevé du coût des prêts en monnaie nationale par rapport à ceux en devises étrangères.

 

 

Graphique n°8 : Evolution  du  crédit  à  l’économie par maturité

 

Source : BCC

  • Crédits quasi-structurellement dominés par les crédits à court terme;
  • Tendance fortement croissante des crédits à moyen et long terme;
  • A fin 2019, les crédits à M&LT dépassent ceux à court terme. 

 

C. Structure de l’économie

 

Au niveau du marché des biens et services,  il s’observe le regain de l’activité économique au cours de la décennie 2000, lequel est resté principalement marqué par les performances enregistrées au niveau du secteur primaire (principalement l’extraction minière et pétrolière). En effet, entre 2010 et 2014, la contribution moyenne de ce secteur à la croissance a été de 67,9%, nettement supérieure à sa contribution moyenne avant 2009 qui s’élevait à environ 17,6% entre 2006 et 2008. Le secteur secondaire (manufacture, bâtiments, industrie alimentaire) s’est également montré résilient avec une contribution moyenne de 11,7% après 2009 contre 2,6% entre 2006 et 2008.

 

La structure de l’économie du pays s’est fortement concentrée sur  les 5 branches d’activité suivantes : (i) l’extraction, (ii) l’agriculture, la forêt, l’élevage, la chasse et la pêche, (iii) l’industrie manufacturière, (iv) le commerce et (v) le transport et la communication.

 

Tableau 1. Contribution (valeurs ajoutées en milliards de CDF de 2005) : 2011 – 2017

 

2011

2012

2013

2014

2015

2016

2017

Secteur primaire

5,5

3,0

3,2

5,5

2,1

0,3

2,0

Agriculture, chasse, sylviculture et Pêche

0,7

0,7

0,8

0,8

0,8

0,5

0,8

Industrie extractive

4,8

2,3

2,4

4,7

1,3

-0,2

1,2

Secteur secondaire

0,8

1,2

1,8

1,1

1,2

0,4

1,3

Industries manufacturières

0,2

0,6

1,1

1,1

1,5

1,0

1,0

Bâtiments et travaux publics

0,6

0,6

0,6

0,0

-0,3

-0,7

0,2

Electricité, gaz, vapeur et eau

0,0

0,0

0,1

0,0

0,0

0,1

0,1

Secteur tertiaire

0,5

2,6

3,2

2,7

3,4

1,7

1,4

Transports et communications

0,1

0,7

1,2

0,8

1,2

0,4

0,5

Commerce de gros et de détail

0,1

1,6

1,2

0,7

1,5

0,9

0,7

Autres

0,3

0,3

0,8

1,2

0,7

0,4

0,2

PIB coût des facteurs

6,7

6,8

8,1

9,3

6,7

2,4

4,7

Taxes sur les produits

0,2

0,3

0,4

0,2

0,2

0,0

0,2

PIB au prix du marché

6,9

7,1

8,5

9,5

6,9

2,4

4,9

Source : BCC

 

Pour renverser l’actuelle tendance de la structure de l’économie congolaise dominée par le secteur primaire, le Gouvernement de la République au travers de la mise en œuvre du Plan National Stratégique de Développement se propose de mettre en place la stratégie de  diversifier son économie en s’appuyant sur le développement des secteurs et filières  ci-après : (i) l’agriculture  et  la chaine agro-alimentaire; (ii)   la forêt et les industries de transformation et de commercialisation du bois; (iii) les mines; (iv) les bâtiments et matériaux de construction; (v) le tourisme et l’hôtellerie ; et (vi) les  services financiers.

 

Dans une perspective de développement équilibrée des régions, la stratégie de diversification se traduira à travers la création de Points Lumineux de Développement («PLD») qui contiennent des Parcs Agro - industriels et/ou des zones économiques spéciales. Compte tenu des atouts naturels du  pays  et de la localisation géographique des ressources naturelles, le Gouvernement envisage le développement de Pôle de Croissance qui sont en réalité les PLD, vingt (20) parcs agro-industriels et plusieurs ZES.

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